Histoire et patrimoine

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Un peu d’histoire locale

L’histoire de Fontenilles ressemble à celle de la plupart des communes qui vont naître dans la forêt de Bouconne, comme Lèguevin, Pibrac, Lasserre, Brax etc. Or, ces premiers habitants – Qui sont-ils ? – Et d’où viennent-ils ?

En général ce sont des familles modestes ou même des brigands qui fuient la justice toulousaine et vont se réfugier dans cette immense étendue de chênes, aux portes de Toulouse. Protection d’autant plus naturelle qu’au milieu de la friche, des fourrés et des taillis pullule toute une faune de carnassiers et de gibiers (comme le loup, le renard, le blaireau, le lapin, le cerf, le chevreuil, etc). Rappelons également que Bouconne s’étendait du canton de Grenade jusqu’à celui d’Aurignac.

Tous ces groupuscules prennent racines près d’un cours d’eau, comme la Save, la Saudrune, le Courbet ou l’Aussonnelle et s’installent sur des terres dites franches (c’est-à-dire exonérées d’impôts) et appelées “sauvetés”. Tranquillité toute relative qui va se fragiliser car, qui dit installation communautaire dit propriétaires terriens.

Or, des propriétaires, il en existe de deux types à Fontenilles :

D’un côté, les religieux comme les moines de l’abbaye de Gimont qui, par leur vocation, aident à la mise en valeur du sol, ou les Chevaliers de Maltes qui protègent les habitants des envahisseurs. En échange, ils perçoivent des taxes en nature et des terres cultivables.

D’un autre côté, les seigneurs féodaux, tels les Verfeil installés dans leur château fort et légataires d’un foncier important (une charte précise même « qu’ils sont propriétaires des hommes et des femmes du lieu » ), les Comtes de Comminges et les Seigneurs de La Roche, également possesseurs de terres fontenilloises mais localement absents dans les premiers temps.

Les barons de Larroche-Fontenilles vont occuper la commune du XIVème siècle jusqu’à la Révolution.

Gascons d’origine et natifs de Larroque-Magnoac (région dans le Gers à la limite des Hautes-Pyrénées), ils s’installent définitivement à Fontenilles à partir de 1352. Dès cet instant, on n’entend plus parler des premiers Seigneurs qu’ils soient civils ou religieux.

Sur la place de l’église actuelle, les barons vont construire leur château féodal avec des dépendances, des jardins et une chapelle funéraire (aujourd’hui restaurée), le tout entouré de douves et protégé par un pont-levis : c’est ce que l’on appelle communément un castrum.

Même s’ils concèdent des coutumes et privilèges dans lesquels les habitants peuvent prendre du bois dans les forêts du seigneur pour le chauffage et la construction, pêcher dans les viviers, chasser dans les terres (avec certaines restrictions); sont nommés des sergents de ville et des consuls et l’administration locale est celle d’un régime féodal dont on connaît les limites et les contraintes.

De tous les membres de cette famille, un des barons du XVIème siècle va donner quelques lettres de noblesse au village: Philippe de la Roche- Fontenilles, marié à la fille du maréchal de Monluc (compagnon d’armes d’Henri IV), sera l’un des principaux protagonistes des guerres de religion dans le midi de la France au XVIème siècle. Mais surtout, il aura la bonne idée d’épouser, en deuxième noce, Paule de Viguier, que François Ier surnommera « La Belle Paule » lors de sa visite à Toulouse en 1533. La baronne de Fontenilles, dame célèbre pour sa beauté et son instruction sera une des gloires de son époque qui donnera un grand lustre à la maison fontenilloise. (voir Hôtel »Belle Paule » – 16 rue du Languedoc et Fresque – Salle des Illustres à Toulouse).

Soulignons simplement que la baronne de Fontenilles et la non moins célèbre Clémence Isaure sont les deux grands personnages féminins de l’histoire de Toulouse.

En 1792, la contestation s’installe, la population se soulève, pénètre dans l’enceinte seigneuriale et ruine tout ce qui rappelle la féodalité (en particulier le château, la chapelle et même la maison du régisseur). Année qui voit donc l’exil des marquis mais également la nomination du premier maire : Jean Sacareau.

Dès cet instant, le village pénètre dans une ruralité profonde où l’on retrouve principalement deux classes sociales assez distinctes :

D’une part, les familles de la terre qui travaillent dans les fermes et les métairies comme la Bourdette, le Garrousset, Cammartin, la Fustière, Cantalauze dans lesquelles vivent des métayers, des maîtres valets, des brassiers, des rouliers et des valets de labour ou de ferme;

D’autre part, les familles qui exploitent la forêt comme des marchands de bois, des charbonniers, des bûcherons, des charpentiers et des menuisiers.

Tout un monde économique en pleine expansion auquel il faut ajouter quelques métiers traditionnels comme forgerons, bouchers, boulangers, mais aussi les deux moulins à grain installés sur les hauteurs de Starguets. A tel point que le sentier le long des douves (aujourd’hui boulevard de la République) n’étant plus adapté au transit, on décide d’ouvrir la place de l’église pour une nouvelle liaison est/ouest de la commune.

L’origine des terres…

L’origine des terres est assez ancienne et les premiers signes de vie (X siècle) remontent au début des temps médiévaux où Hospitaliers de Malte, Moines de Gimont, Seigneurs de Verfeil et plus tard Seigneurs de La Roche se partageaient terres, droits et taxes.

Le village faisait partie du Comminges, de la Châtellenie de Muret et du Diocèse de Toulouse. Il possédait une économie typiquement rurale; mais peu à peu, l’activité professionnelle de la population se situera surtout en région toulousaine et transformera son caractère en semi-ruralité, dès le milieu du XX siècle.

A partir du XIV siècle, les Barons de La Roche-Fontenilles s’installent et deviennent les maîtres de la commune et de quelques villages des alentours (Saiguède, Labastidette etc). Ils jouent un rôle important dans les croisades, guerres de religion, épopées napoléoniennes, conflits du XX siècle. En 1352, Gaillard de La Roche établit le siège de sa juridiction de St Flour à Fontenilles, fait fortifier les murs de la ville et construire son château fort qui sera pillé pendant la Révolution (1793).

En 1483, les habitants reçoivent les premières Coutumes et Privilèges qui seront confirmés en 1556 par Philippe de La Roche-Fontenilles.

Celui-ci, auprès de son beau-père, le Maréchal de Monluc, organisera la défense du pays contre les huguenots en bute avec les instructions de l’Edit de Nantes. Des exploits qui pousseront Louis XIV à ériger la baronnie de Fontenilles en marquisat. Il épousera en seconde noce Paule de Viguier, surnommée « La Belle Paule » par François Ιer, lors de son passage à Toulouse, en 1533. Exilés en 1793, les seigneurs de La Roche reviendront en France et s’installeront en Picardie (château de Rambures). Dès leur retour, ils accableront les différentes municipalités de procès qui seront les faits marquants de la commune au XIX siècle.

De cette noblesse, il ne reste, qu’une pierre tombale en marbre gris dans l’église St Martin, l’hôtel « Belle Paule » (à Toulouse) et quelques structures féodales, aujourd’hui transformées en habitat privé et communal.

Pour les personnes qui s’intéressent à l’histoire de Fontenilles, il existe un livre appelé : « Fontenilles, aux portes de la Gascogne », qui a été écrit par Robert IGLESIAS, ancien adjoint et Isabelle CAUBET.

Fontenilles après la Révolution

Comme dans la plupart des communes, le soulèvement populaire va frapper le village et renverser les symboles d’une monarchie à l’agonie.

En 1792, le marquis, Joseph-Hubert de La Roche-Fontenilles, propriétaire d’une grande partie des terres communales quitte son château-fort pour s’exiler en Allemagne. Ce fut, dit-on, une épicière du nom de Catherine Reynis qui monta sur la toiture du château et jeta bas les premières tuiles. La démolition dura plusieurs années et les matériaux furent vendus aux enchères par lots devant la porte de l’église.

Cette même année, Fontenilles rachète ses charges vénales de maire. Le premier édile officiel de la commune sera Jean Sacareau. Dès lors, le village fait partie d’un canton où Ste Foy-de-Peyrolières et St-Lys sont en concurrences. Finalement, St-Lys sera déclaré Chef-Lieu du canton.

Le fils du marquis Auguste-Pierre-Fulbert qui n’avait que 13 ans lors de son premier exil est de retour. Mais en 1796 il émigre en Espagne et ne reviendra que 2 ans plus tard. Il est l’instigateur du procès que cette famille entame contre la municipalité. Il souhaite récupérer certaines propriétés confisquées : bois, fossés et immeubles. Il confiera ses intérêts à sa sœur, Sophie restée au pays. Après les campagnes napoléoniennes, il prendra une retraite méritée et décèdera à Nevers à l’âge de 77 ans. Il est le dernier seigneur ayant habité Fontenilles.

Sophie de La Roche-Fontenilles, célibataire et rentière demeurant à Toulouse sera la dernière héritière de cette famille. Elle entreprend les démarches nécessaires afin d’acquérir quelques biens qu’elle estimait indûment perdus. Animée d’une volonté farouche, elle investira près de 60000 frs de sa fortune personnelle et 35 000 frs prêtés par son frère pour retrouver son patrimoine perdu.

Nous sommes déjà dans la période napoléonienne. La terrible conscription vide la campagne des hommes valides et bride l’essor économique. En février 1809, Fontenilles doit fournir 16 hectolitres d’avoine et en juillet, 30 quintaux de foin.

Le maire Mr Bézard est contraint de se rendre à Toulouse afin de trouver des fonds nécessaires auprès d’un prêteur. A ces tracas s’ajoutent les courriers de la sous-préfecture dénonçant le comportement des conscrits réfractaires. Les lettres officielles l’obligent à procéder aux arrestations des déserteurs qui disparaissent dans la nature grâce à la passivité (et la bienveillance) des élus locaux. Toutefois la plupart s’enrôlent afin de débloquer des situations familiales compliquées et tenter l’aventure dans les armées impériales. C’est le cas de Jean Dasque, qui trouvera la mort le 6 mai 1813 à l’hôpital de Saragosse pendant la campagne d’Espagne, il n’avait que 22 ans.

En 1814, la commune est frappée par la fameuse bataille de Toulouse où les armées du maréchal Soult harcelées par celles de Wellington se retrouvent dans la région. Leur passage est source de malheur et de désolation. Dans son livre de raison, Benjamin de Gennes, propriétaire de la métairie de Cantalauze, écrit cette année-là:«Le passage des armées anglaises est une calamité pour le domaine. Ils bivouaquent dans la cour de la ferme et coupent tout le bois ! ». D’autres fontenillois comme les demoiselles Assié se plaignent des vols commis par les troupes alliées sur leur propriété. Elles estiment les pertes en céréales à 110 francs et n’obtiendront qu’un léger dégrèvement.

Après ces années difficiles, les habitants s’organisent peu à peu autour du bourg où les métiers de la terre sont la principale ressource économique. La forêt de Bouconne, qui s’étend sur les terres de l’Espêche et de St Flour, apporte le bois nécessaire à la construction de la mairie et de la première école grâce à l’initiative du maire Mr De Gilède. Il entamera également des travaux de réparations de l’église et des ponts.

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