Un peu d’histoire locale

L’histoire de Fontenilles ressemble à celle de la plupart des communes qui vont naître dans la forêt de Bouconne, comme Lèguevin, Pibrac, Lasserre, Brax …etc. Or, ces premiers habitants  – Qui sont-ils ? – Et d’ou viennent-ils ?

En général ce sont des familles modestes ou même des brigands qui fuient la justice toulousaine et vont se réfugier dans cette immense étendue de chênes, aux portes de Toulouse. Protection d’autant plus naturelle qu’au milieu de la friche, des fourrés et des taillis pullulent toute une faune de carnassiers et de gibiers (comme le loup, le renard, le blaireau, le lapin, le cerf, le chevreuil…etc). Rappelons également que Bouconne s’étendait du canton de Grenade jusqu’à celui d’Aurignac.

Tous ces groupuscules prennent racines près d’un cours d’eau, comme la Save, la Saudrune, le Courbet ou l’Aussonnelle et s’installent sur des terres dites franches (c’est-à-dire exonérées d’impôt ) et appelées : « sauvetés ». Tranquillité toute relative qui va se fragiliser car, qui dit installation communautaire dit propriétaires terriens….

L’Aussonnelle à Pascau

Plan de 1850 – Anciennes structures du château féodal.

Or, des propriétaires, il en existe de deux types à Fontenilles :

D’un côté les religieux comme, les moines de l’abbaye de Gimont qui, par leur vocation, aident à la mise en valeur du sol, ou les Chevaliers de Maltes qui protègent les habitants des envahisseurs. En échange, ils perçoivent des taxes en nature et des terres cultivables.

D’un autre côté, les seigneurs féodaux, tel les Verfeil installés dans leur château fort et légataires d’un foncier important (une charte précise même « qu’ils sont propriétaires des hommes et des femmes du lieu » ), les comtes de Comminges et les seigneurs de La Roche, également possesseur de terres fontenilloises mais localement absent dans les premiers temps.

Les barons de Larroche-Fontenilles vont occuper la commune du XIVème siècle jusqu’à la Révolution.

Gascons d’origine et natif de Larroque-Magnoac (région dans Gers à la limite des Hautes-Pyrénées), ils s’installent définitivement à Fontenilles à partir de 1352. Dès cet instant, on n’entend plus parler des premiers seigneurs qu’ils soient civils ou religieux.

Sur la place de l’église actuelle, les barons vont construire leur château féodal avec des dépendances, des jardins et une chapelle funéraire (aujourd’hui restaurée), le tout entouré de douves et protégé par un pont-levis : c’est ce que l’on appelle communément un castrum.

Même s’ils concèdent des coutumes et privilèges dans lesquels les habitants peuvent prendre du bois dans les forêts du seigneur pour le chauffage et la construction, pêcher dans les viviers, chasser dans les terres (avec certaines restrictions); sont nommés des sergents de ville et des consuls et l’administration locale est celle d’un régime féodal dont on connaît les limites et les contraintes.

Douves féodales

Fresque Racou (Salle des Illustres) Maréchal de  Monluc

De tous les membres de cette famille, un des barons du XVIème siècle va donner quelques lettres de noblesse au village: Philippe de la Roche- Fontenilles, marié à la fille du maréchal de Monluc (compagnon d’armes d’Henri IV), sera l’un des principaux protagonistes des guerres de religion dans le midi de la France au XVIème siècle. Mais surtout, il aura la bonne idée d’épouser, en deuxième noce, Paule de Viguier, que François Ier surnommera « La Belle Paule » lors de sa visite à Toulouse en 1533. La baronne de Fontenilles, dame célèbre pour sa beauté et son instruction sera une des gloires de son époque qui donnera un grand lustre à la maison fontenilloise. (voir Hôtel »Belle Paule » – 16 rue du Languedoc  et  Fresque – Salle des Illustres à Toulouse).

Soulignons simplement que la baronne de Fontenilles et la non moins célèbre Clémence Isaure sont les deux grands personnages féminins de l’histoire de Toulouse.

En 1792, la contestation s’installe, la population  se soulève, pénètre dans l’enceinte seigneuriale et ruine tout ce qui rappelle la féodalité (en particulier le château, la chapelle et même la maison du régisseur). Année qui voit donc l’exil des marquis mais également la nomination du premier maire : Jean Sacareau.

Dès cet instant, le village pénètre dans une ruralité profonde ou l’on retrouve principalement deux classes sociales assez distinctes :

D’une part, les familles de la terre qui travaillent dans les fermes et les métairies comme la Bourdette, le Garrousset, Cammartin, la Fustière, Cantalauze dans lesquelles vivent des métayers, des maîtres valets, des brassiers, des rouliers et des valets de labour ou de ferme;

D’autre part, les familles qui exploitent la forêt comme des marchands de bois, des charbonniers, des bûcherons, des charpentiers et des menuisiers.

Tout un monde économique en pleine expansion auquel il faut ajouter quelques métiers traditionnels comme forgerons, bouchers, boulangers, mais aussi les deux moulins à grain installés sur les hauteurs de  Starguets. A tel point que le sentier le long des douves (aujourd’hui boulevard de la République) n’étant plus adapté au transit, on décide d’ouvrir la place de l’église pour une nouvelle liaison est/ouest de la commune.

Paule de Viguier dit « La Belle Paule »

L’origine des terres..

L’origine des terres est assez ancienne et les premiers signes de vie (X siècle) remontent au début des temps médiévaux où Hospitaliers de Malte, moines de Gimont, seigneurs de Verfeil et plus tard seigneurs de La Roche se partageaient terres, droits et taxes.

Le village faisait partie du Comminges, de la Châtellenie de Muret et du Diocèse de Toulouse. Il possédait une économie typiquement rurale; mais peu à peu, l’activité professionnelle de la population se situera surtout en région toulousaine et transformera son caractère en semi-ruralité, dès le milieu du XX siècle.

A partir du XIV siècle, les barons de La Roche-Fontenilles s’installent et deviennent les maîtres de la commune et de quelques villages des alentours (Saiguède, Labastidette etc). Ils jouent un rôle important dans les croisades, guerres de religion, épopées napoléoniennes, conflits du XX siècle.
En 1352, Gaillard de La Roche établit le siège de sa juridiction de St Flour à Fontenilles, fait fortifier les murs de la ville et construire son château fort qui sera pillé pendant la Révolution (1793).

En 1483, les habitants reçoivent les premières Coutumes et Privilèges qui seront confirmés en 1556 par Philippe de La Roche-Fontenilles.

Celui-ci, auprès de son beau-père, le Maréchal de Monluc, organisera la défense du pays contre les huguenots en bute avec les instructions de l’Edit de Nantes. Des exploits qui pousseront Louis XIV à ériger la baronnie de Fontenilles en marquisat. Il épousera en seconde noce Paule de Viguier, surnommée « La Belle Paule » par François Ιer, lors de son passage à Toulouse, en 1533.  Exilés en 1793, les seigneurs de La Roche reviendront en France et s’installeront en Picardie (château de Rambures). Dès leur retour, ils accableront les différentes municipalités de procés qui seront les faits marquants de la commune au XIX siècle.

De cette noblesse, il ne reste, qu’une pierre tombale en marbre gris dans l’église St Martin, l’hôtel « Belle Paule » (à Toulouse) et quelques structures féodales, aujourd’hui transformées en habitat privé et communal.

Pour les personnes qui s’intéressent à l’histoire de Fontenilles, il existe un livre appelé : « Fontenilles, aux portes de la Gascogne », écrit par Robert IGLESIAS, adjoint et Isabelle CAUBET. Il est en vente au secrétariat de la Mairie à 25 Euros l’exemplaire.




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